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  • L'Orthographeuse

Comment conjuguer l'entrepreneuriat au fĂ©minin ? đŸ‘©đŸ‘©đŸœâ€đŸ«

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Regardez attentivement cette jeune femme et son large sourire qui semble nous dire : "Venez par là, cette école est géniale".

Je la trouve sympa et heureuse cette jeune femme. Elle s'appelle Caroline (jolie prénom), elle a 35 ans. Jusque-là, tout va bien.

Et puis, tout Ă  coup, je mets prĂ©cipitamment la lecture sur pause ⏞, parce que j'ai identifiĂ© un truc (ou deux) qui m'interpelle(nt)



D'abord, une faute de genre
 Caroline est une femme

"Caroline, 35 ans, futur entrepreneuse".

Caroline a tout l'air d'une femme đŸ‘©đŸœâ€đŸ«, donc l'adjectif s'accorde en genre et en nombre et prend un "e" pour signifier le fĂ©minin singulier, "future". Ça commence mal et ce n'est pas raccord avec "entrepreneuse".


Puis, un autre genre de faute


Je lis que Caroline est une "futurE entreprenEUSE".

Ce site a fait le choix de fĂ©miniser le mĂ©tier d'"entrepreneur" en "entrepreneuse". Ce terme me gĂȘne. Pourquoi ? Parce qu'il renvoie Ă  un dĂ©bat rĂ©cent sur la fĂ©minisation des noms de mĂ©tiers et la dispute entre l'emploi du nom "entrepreneuse" ou "entrepreneure".


Féminisation des noms de métier : ça dépend

Si l'Académie française a approuvé le principe de féminisation des noms de métiers en février 2019, la mise en application de son rapport est parfois source d'hésitation sur le choix du substantif.


Car si les métiers manuels bénéficient depuis longtemps d'une version linguistique féminine (cuisinier/cuisiniÚre, boulanger/boulangÚre, restaurateur/restauratrice, vendeur/vendeuse, instituteur/institutrice
), plus on s'élÚve dans la hiérarchie des métiers, et que ces métiers étaient jusque-là occupés par des hommes, plus le choix de certains substantifs semble poser problÚme, y compris par les femmes.


Le choix entre les noms "entrepreneuse" et "entrepreneure" est un bon exemple. Si la version féminine d'"entrepreneur" est "entrepreneuse", terme accepté par le Dictionnaire Larousse*, le choix de la société peut aller à l'encontre de celui de la grammaire. C'est l'usage qui trouve sa place dans les dictionnaires.


L'origine du mot « entrepreneure » nous vient tout droit du Québec, tout comme ingénieure dans les années 1970. Je fais partie des nombreuses femmes à préférer la forme en « eure », plus discrÚte à l'oral.


Si je me définis en tant qu'"entrepreneure", à cette orthographe, vous voyez le substantif féminin (-eure) mais vous ne l'entendez pas à l'oral. Vous comprenez bien qu'il ne s'agit pas pour moi d'une action militante ou d'une prise de pouvoir genrée, auquel cas je préférerais le terme "entrepreneuse" qui porte à l'écrit comme à l'oral la marque du féminin.


Non, ce n'est pas. Je n'aime pas le terme "entrepreneuse" qui renvoie Ă  "entreprenante" ou "entraĂźneuse" et porte une connotation sexuelle.


Certains chercheurs pensent que c'est une question de génération et que lorsque le métier d'"entrepreneur" sera de plus en plus occupé par les femmes, le terme "entrepreneuse" s'imposera à toutes et aux futures générations.


Et vous, en tant qu'entrepreneur, entrepreneure ou entrepreneuse, qu'en pensez-vous ? Comment conjuguez-vous l'entrepreunariat au féminin ?


Foncez lire cet article "Entrepreneuse ou entrepreneure : de l'importance du féminin
" , Les Echos Entrepreneurs du 04/02/2020.


*selon les rÚgles grammaticales de la langue française, les métiers dont le masculin se termine en « eur » se déclinent en « euse » au féminin, voir le rappel des rÚgles sur le site du Projet Voltaire.

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© 2019 Doriane BON - L'Orthographeuse chez AMETIS SCOP/doriane@lorthographeuse.fr / Tél. 07 67 39 19 10 /Mentions LégalesPolitique de confidentialité

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